Actualités

L’arrivée du COVID-19 sur le continent challenge profondément le fonctionnement des structures d’accompagnement africaines, à commencer par la configuration et l’usage de leurs locaux. Afric’innov vous propose un tour d’horizon des bonnes pratiques mises en œuvre par les membres de sa communauté pour permettre la continuité de leurs services, tout en limitant la propagation du virus.

 

Temps de lecture : 5 minutes

 

Au sein d’une structure d’accompagnement, l’espace est précieux. 

Pour les équipes et les entrepreneurs accompagnés, c’est d’abord un lieu de travail fonctionnel et efficace. C’est également un lieu de rencontres et d’échanges, où se retrouvent entrepreneurs, accompagnants et partenaires. Enfin, il est également source de revenu pour les SAEI qui le propose à la location, ponctuellement ou pour de plus longues durées.

Avec l’arrivée du COVID-19 sur le continent, l’espace de la structure d’accompagnement africaine est également devenu potentiellement dangereux, étant un lieu probable de transmission du virus. Il est donc fondamental pour la SAEI de repenser cet espace pour protéger ses équipes et sa communauté dans son ensemble.

 

Le premier réflexe : adapter les espaces physiques de la SAEI et leur utilisation à la situation. Si certaines, telles qu’Impact Lab au Maroc ou la MPE Tchad, ont d’emblée pris la décision de fermer leurs locaux afin d’éviter toute contamination, d’autres ont préféré en modifier les modalités d’usage.

Ainsi, la totalité des SAEI interrogées appliquent les règles imposées par leurs gouvernements respectifs, qui incluent notamment l’interdiction de rassemblements de personnes. De plus, toutes exigent des utilisateurs de leur espace le respect des mesures barrières conseillées par l’OMS, à savoir : 

- Se laver régulièrement les mains 

- Éviter les contacts proches

- Éviter de se toucher le nez, la bouche et les yeux

- Respecter les règles d’hygiène respiratoire

L’incubateur NextA (Madagascar) affiche les mesures barrières dès la porte d’entrée.

 

Ces mesures impliquent des aménagements concrets dans le fonctionnement des SAEI. Ainsi, elles ont, pour la plupart, procédé à la réorganisation de leurs espaces, en mettant notamment en place les mesures suivantes :

- Affichage stratégique des mesures barrières dans les lieux de passages, les espaces partagés, etc.

- Reconfiguration des salles : éloignement des postes de travail, diminution du nombre de chaises disponibles dans les salles de réunion, etc.

- Mise à disposition de produits d’hygiène : mouchoirs jetables à proximité de poubelles vidées régulièrement, savon à tous les points d’eau, et gel hydroalcoolique dans toutes les pièces, en particulier à l’entrée. 

- Désinfection régulière des surfaces, sur lesquelles le virus peut survivre parfois jusqu’à plusieurs jours. Sur ce point, certaines SAEI ont pris le temps de sensibiliser non seulement le personnel responsable de la propreté du lieu, mais aussi les utilisateurs de l’espace, qui peuvent par exemple eux-mêmes désinfecter les postes de travail avant d’y prendre place.

 

Les règles de vie des communautés des SAEI s’en retrouvent également changées avec par exemple : 

- Un accès réservé à certains membres de la communauté de la SAEI (généralement les équipes et/ou les entrepreneurs accompagnés) ;

- L’application d’une limite d’occupants par salle, en fonction de sa taille et de sa configuration ; 

- La mise en place d’horaires aménagés pour éviter de rassembler trop de monde au sein du même espace ;

- Une responsabilisation forte de chacun, avec une mise en quarantaine dès que des risques de contamination sont identifiés (symptômes, contact avec une personne malade, retour de voyage, etc.).

 

Pour qu’elles soient efficaces, il est important de s’assurer du respect de ces mesures par tous les utilisateurs de l’espace. Pour cela, les SAEI font en sorte que chacun se sente concerné en impliquant les équipes dans la définition des règles, en organisant des moments d’échanges pour les expliquer, ou encore en rappelant régulièrement ces nouvelles directives tout en responsabilisant chacun pour veiller à leur application dans la durée.

 

Toutes ces mesures sont généralement accompagnées de la délocalisation d’une partie des activités de la SAEI. Les équipes sont par exemple souvent incitées à travailler à distance, le confinement restant le meilleur moyen de limiter la propagation du virus. Ces dispositions sont souvent accompagnées du partage de bonnes pratiques pour leur permettre de télétravailler de manière efficace, telles que : 

- Installer une chaise et un bureau dans un espace lumineux et calme ;

- Disposer d’une connexion internet correcte ;

- Être disponible et réactif aux horaires de travail ;

- Communiquer régulièrement avec le reste de l’équipe.

 

Enfin, afin d’appuyer leurs équipes dans l’application de ces mesures, certaines SAEI, telles que La Fabrique au Burkina Faso, ont mis à leur disposition des équipements (matériel de bureau, routeurs, etc.) et ont augmenté les budgets individuels dédiés aux communications (téléphone et internet). 

 

Et vous, quelles mesures avez-vous mises en place pour réorganiser l’espace de votre SAEI ? Pour apporter votre pierre à l’édifice, c’est par ici

 

 

Retrouver d'autres articles rédigés par Afric'innov

Pour démarrer votre recherche, tapez un mot-clé :