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Face au COVID-19, les SAEI de la communauté Afric’innov adaptent leur accompagnement. Leur objectif : continuer à fournir aux entrepreneurs les services nécessaires à leur développement, afin de leur permettre de surmonter la crise, et même de la transformer en opportunités. Dans cet article, Afric’innov vous propose de découvrir les bonnes pratiques mises en œuvre par les membres de sa communauté.

 

Temps de lecture : 10 minutes

 

Au cœur  du métier des SAEI, l’accompagnement d’entrepreneurs innovants peut prendre différentes formes : conseil, mise en réseau, appui au financement, accès à des infrastructures… autant de services questionnés dans le contexte de la crise sanitaire actuelle. 

 

En effet, de l’interruption des chaînes de valeur internationales à l’instauration de normes de distanciation sociale, les écosystèmes entrepreneuriaux font face à des défis multiples qui impactent profondément le métier des structures d’appui à l’entrepreneuriat. Adapter son offre d’accompagnement devient alors vital, car c’est aujourd’hui plus que jamais que les entreprises innovantes ont besoin d’accéder aux services des SAEI pour développer de nouvelles solutions, pivoter si nécessaire, et se montrer résilientes face aux conséquences du COVID-19. 

 

Ainsi, pour continuer à appuyer au mieux les entrepreneurs de leur écosystème, les SAEI de la communauté Afric’innov font évoluer le format et le contenu de leur accompagnement. 


 

PRIVILÉGIER LA DISTANCE, NE PAS SUPPRIMER LE PRÉSENTIEL 

Premier défi abordé par les structures d’accompagnement : repenser les modalités d’échanges avec les entrepreneurs accompagnés. 

Sans surprise, les outils numériques (WhatsApp, Skype, mails, etc.) sont désormais largement privilégiés dans les échanges individuels et collectifs entre les SAEI et les entrepreneurs. Pour en savoir plus sur les outils utilisés au quotidien par les structures d’accompagnement pour animer leur communauté, n’hésitez pas à vous replonger dans cet article.

 

Certaines SAEI repensent également le format de leurs formations. La MPE Tchad, par exemple, diffuse désormais son contenu sous forme de vidéos, publiées sur des groupes WhatsApp privés. Au Maroc, LaStartupFactory propose l’intégralité des formations de son programme Scalerator, dédié au COVID-19, dans des sessions live accessibles à tous sur sa page Facebook.

Promotion d’un Talk du programme Scalerator sur la page Facebook de La StartupFactory

 

Enfin, certaines SAEI renforcent leur utilisation d’outils de suivi de l’accompagnement à distance. Ainsi, les équipes d’accompagnement du CIPMEN, au Niger, s’appuient sur Ubora (outil développé par Afric’innov et gratuitement mis à disposition des SAEI membres de sa communauté) pour accéder à des ressources utiles, telles que des outils ou des formations mais également pour suivre les tâches réalisées par ses incubés.

Malgré l’utilisation croissante des outils numériques dans leur accompagnement, la plupart des SAEI n’ont cependant pas supprimé les rencontres en présentiel dans les pays qui ne sont pas soumis à un confinement total. Cependant, visites terrains et sessions de travail individuelles sont désormais plus rares, et soumises à l’application des gestes barrière.

 

Enfin, la plupart des SAEI de la communauté ont pris la décision de garder leurs locaux au moins partiellement ouverts, afin de ne pas priver les équipes et les entrepreneurs d’un lieu de travail et de rencontre fonctionnel, propice à l’avancement de leur projet. Afin de limiter les risques de contamination, elles en ont cependant toutes modifié les modalités d’usage : limitation du nombre de personnes présentes dans les locaux, espacement des bureaux, mise à disposition de solutions d’hygiène… retrouvez toutes les mesures mises en place par les structures d’accompagnement pour repenser leurs espaces dans cet article.


 

ADAPTER LES CONTENUS EXISTANTS, EN CRÉER DE NOUVEAUX 

Face à la crise, la structure d’accompagnement se doit également d’adapter le contenu qu’elle propose aux entrepreneurs qu’elle accompagne. En effet, dans ce contexte nouveau, fait d’incertitudes et de changements, ceux-ci doivent aujourd’hui faire face aux impacts (négatifs et positifs) de la situation sur tous les aspects de leur entreprise. Les enjeux sont multiples : répondre aux besoins d’un marché nouveau ou en évolution, adapter sa chaîne de valeur (de l’approvisionnement à la distribution), revoir sa stratégie (positionnement, gestion des finances, levées de fonds…), ou encore aménager son organisation interne (gestion des ressources humaines, évolution des process…).


Il est donc d’abord du devoir de l’accompagnant de sensibiliser l’entrepreneur aux défis induits par la crise, et de l’aider à penser ou repenser ses process d’approvisionnement, de production et de vente, pour protéger ses équipes et s’adapter aux mesures nationales en vigueur, telles que les limitations temporelles ou géographiques des déplacements (couvre-feu, confinement de personnes, mise en quarantaine de villes ou régions, etc.).

 

Le réseau des structures d’accompagnement est également essentiel pour surmonter la crise et transformer les défis en opportunités. Accompagnement à l’obtention de dérogations spéciales ou encore levée de fonds d’urgence auprès de partenaires tels que les ambassades ou les agences de développement, les structures d’accompagnement s’inscrivent dans un écosystème plus vaste qu’il faut mobiliser.

 

Enfin, l’accompagnement prendra des formes différentes, selon la situation de l’entreprise. En effet, certaines sont boostées par la crise sanitaire actuelle, bénéficiant par exemple d’une demande croissante pour un produit / service répondant à un besoin nouveau ou exacerbé. Pour elles, les structures d’accompagnement ont avant tout un rôle de catalyseur. Appui au prototypage, à la levée de fonds et à la communication sont trois des activités phares des SAEI aux côtés de ces entrepreneurs qui font face à de forts enjeux de production, de distribution et de visibilité. La Fabrique, au Burkina Faso, a par exemple constitué un fonds d’urgence pour permettre à certaines entreprises accompagnées de disposer d’un fonds de roulement, afin de leur permettre de répondre à la demande croissante. La SAEI a également organisé une vente des produits de ses incubés auprès du grand public.

Promotion d’une vente flash de produits d’incubés sur la page Facebook de La Fabrique

 

Ainsi, certaines SAEI proposent des programmes totalement repensés, centrés sur les entreprises proposant des solutions aux enjeux de la pandémie. C’est par exemple le cas de LaStartupFactory, au Maroc, qui organisait en mars dernier un hackpitch pour les entrepreneurs en idéation.

 

Cependant, la plus grande partie des entreprises de notre écosystème est fragilisée, à des degrés variables, par le COVID-19. Il est vital que les structures d’accompagnement les aident à trouver les alternatives et les pivots nécessaires à leur survie. La structure d’accompagnement aura alors un rôle de stabilisateur, et jouera un rôle clé pour aider l’entrepreneur à prendre du recul et définir une stratégie de résilience holistique (gestion des finances et des ressources humaines, adaptation des produits ou services,…). Les enjeux seront ensuite d’appuyer l’entreprise à vendre (ce qui peut impliquer d’adapter leur offre, de tester de nouveaux canaux de vente) et à communiquer afin de rester visible et se faire connaître par des clients et partenaires potentiel. Pour plus d’exemples concrets d’actions à mener au sein des entreprises face au COVID, n’hésitez pas à consulter les lives Facebook thématiques diffusés par LaStartupFactory, ou encore à lire ce Guide de Survie de Marnus Broodryke (en anglais).



 

Et vous, comment accompagnez-vous les entrepreneurs porteurs de projet innovants face au COVID-19 ? Pour partager les ressources et outils sur lesquels vous vous appuyez, mais aussi les initiatives que vous développez, c’est par ici !

 

 

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