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De cadre supérieur d’une entreprise parisienne à cofondatrice d’une structure d’accompagnement à destination des femmes et des jeunes à Niamey, Leila Diana Kaman est bien le symbole d’une diaspora acteur du développement du continent. Cofondatrice de DLCoworking en 2017, puis de Villa HOH en 2019, elle nous parle dans les lignes qui suivent de son engagement pour créer des conditions favorables pour l’accès au monde professionnel ou l’auto-emploi des jeunes.

Temps de lecture : 5 minutes

 

AFRIC’INNOV : Pouvez-vous vous présenter à notre communauté ? 

Je m’appelle Leila Diana Kaman, je suis la co-fondatrice de  DLCoworking Niger, un espace de coworking au Niger et structure d’accompagnement à destination des femmes et des jeunes. Nous accompagnons essentiellement des projets permettant l’atteinte des Objectifs de Développement Durable. 

 

Aujourd'hui, DLC comptabilise plus de 300 heures d'accompagnement individuel et plus de 250 personnes formées à travers nos programmes de formations et ateliers.

Après 8 années à la direction financière d’un cabinet de Gestion de Patrimoine à Paris, je me suis lancée dans l’accompagnement de projets entrepreneuriaux à fort impact en France et en Afrique. J’ai une expertise en accompagnement des start-up ; coaching de dirigeants et en formation des coachs notamment sur la posture d’accompagnement.


Dans quel contexte vous avez mis en place DLCoworking ?

En 2015, en parallèle de mes fonctions en tant que Responsable Administrative et Financière j’ai obtenu un diplôme en Relations Internationales au Centre d’Études Diplomatiques et Stratégiques, à Paris avec un mémoire sur « Les défis du Sahel : ressources, développement & sécurité ».  Ce fut le déclic, car ce travail de recherche m’a permis de prendre conscience des enjeux de notre société et de l’importance de s’impliquer en tant que Diaspora dans le développement de nos pays.

J’ai commencé à m’intéresser aux différents leviers d’actions, dont l’entrepreneuriat, plus précisément celui des jeunes, qui représentent la majorité de la population sahélienne. Adepte de l’intelligence collective, j’ai commencé à préparer le projet d’ouverture d’un espace de coworking.J’ai intégré de 2015 à 2017 le CoNiF (Conseil des Nigériens de France) en tant que Responsable Développement Durable, accompagnant les porteurs de projets associatifs et entrepreneuriaux.

Afin d’accompagner efficacement les entrepreneurs, j’ai obtenu un diplôme d’accompagnateur de startups en 2017 à l’Université Dauphine à Paris. 

Je milite d’une part pour la prise en compte de la diaspora comme partie intégrante dans le développement de nos pays, et d’autres part, pour la collaboration entre les jeunes de la diaspora et ceux du pays. C’est ainsi qu’est né en 2017 DLCoworking, espace de coworking et structure d’accompagnement à destination des femmes et des jeunes au Niger .  Mon associée Mme Lariatou Yacouba Allahi et moi-même incarnons cette complémentarité de compétences. 

Lariatou & Diana, les deux cofondatrices de DLCoworking, posant ensemble à Niamey, août 2019

Quels sont les offres de services de DLCoworking ?

Notre mission est d’offrir un cadre de travail fonctionnel et un accompagnement sur mesure aux femmes, aux jeunes entrepreneurs et porteurs de projets.

Nous mettons à disposition un espace nomade avec la possibilité de réserver des bureaux privés et une salle de réunion. 

Outre l’espace de coworking, nous misons sur l’accompagnement individuel des porteurs de projets tant sur la structuration que sur la recherche de financement.

Nous intervenons également sur la montée en compétence des jeunes à travers des formations & ateliers à thème. 

Enfin notre programme annuel d’incubation permet d’accompagner des femmes sur des thématiques bien spécifiques en rapport avec les Objectifs du Développement Durable. 

Nous sommes persuadés que le développement inclusif d'une société est étroitement lié au social et que l'entrepreneuriat peut être un levier permettant de répondre aux problématiques que rencontrent nos pays

Aujourd’hui, DLC comptabilise plus de 300h d’accompagnement individuel et plus de 250 personnes formées à travers nos programmes de formations & ateliers. 

Formation en montage de projets, dans les locaux de DLCoworking

Vous avez tout récemment lancé ODD au féminin, pourriez-vous nous présenter ce programme ?

Nous venons de lancer notre appel à candidature 2020 ODD AU FÉMININ sous la thématique « l’entrepreneuriat au service de la sécurité alimentaire » (ODD#2) en partenariat avec Afrique Fondation Jeunes.  La plateforme Afric’innov est d’ailleurs celle que nous avons utilisé pour cet appel à candidature. 

25 Lauréates seront incubées sur une période de 9 mois à compter d’Août 2020.  Ce programme vise la création d’entreprises répondant aux besoins actuels du Niger dans le domaine de l’agriculture, la pisciculture et l’aviculture. L’objectif est de contribuer à la réduction de la pauvreté et l’atteinte d’une sécurité alimentaire qui est un des grands défis de notre pays sahélien. La première édition de ce programme a été lancée fin 2018 avec le soutien de l’OIF sur la thématique de la santé (ODD#3). 

Nous sommes persuadées que le développement inclusif d’une société est étroitement lié au social et que l’entrepreneuriat peut être un levier permettant de répondre aux problématiques que rencontrent nos pays.  

Mon objectif est toujours le même : créer des conditions favorables pour l'accès au monde professionnel ou l'auto-emploi des jeunes.

Assises de l'entrepreneuriat au service des ODD à Niamey, décembre 2018

 

Nous vous voyons très impliquée, au-delà du Niger, sur des projets à fort impact en faveur de la jeunesse, en Côte d’Ivoire par exemple, pourriez-vous nous en parler davantage ?

En parallèle de DLC Niger,  en 2019 j’ai lancé DLC France, structure d’accompagnement de la diaspora afin d’orienter les porteurs de projets ; guider les jeunes entrepreneurs et valoriser les projets à fort impact sur le continent. 

Installée sur Abidjan depuis peu, j’ai eu l’opportunité de rencontrer un groupe d’entrepreneurs avec qui nous partageons les mêmes valeurs. Ainsi est né la  Villa HOH qui œuvre pour la transformation digitale des TPE/PME et la montée en compétence des jeunes au travers du digital en Afrique. Nous sommes présents en Côte d’Ivoire, au Niger, au Maroc et bientôt au Sénégal et au Bénin. 

A la villa HOH nous croyons à l’intelligence collective, aux nouvelles manières de travailler (NWOW - new way of working) et de penser (NWOT - new way of thinking ). 

Mon objectif est toujours le même : créer des conditions favorables pour l’accès au monde professionnel ou l’auto-emploi des jeunes.  Grâce au partenariat avec la Villa HOH, DLC Niger bénéficie d’une expertise ICT qui lui permet d’innover ses services. 

Lors d'une formation TIC, à la Villa HOH à Abidjan, juin 2020

 

Quel est votre mot de la fin ?

Un rappel de la fibre qui occupe mes activités : je crois en la mise en place d’une méthode plus proche des besoins et donc des réalités de la jeunesse africaine. Il ne manque souvent qu’une adaptation des outils et du prisme d’approche dans la formation dont cette jeunesse a besoin pour s’installer sur le marché de l’emploi. C’est ce que je souhaite apporter, dans une construction collective avec tous mes collaborateurs. 

C’est pour répondre au mieux à ce défi de taille que nous continuons la professionnalisation de nos méthodes d’accompagnement, ce que nous apporte les différents outils d’Afric’innov dont nous sommes membre depuis peu.  

Merci enfin pour cette tribune qui met DLC en lumière ; nous sommes ravis de rejoindre la communauté Afric’innov !

 

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Pour entrer en contact avec Leila Diana Kaman, écrivez-lui sur diana[at]dlcoworking.com

Interview réalisée par Ousseynou Gueye, Responsable de la Communication et de la communauté chez Afric'innov - ousseynou[at]africinnov.com

copyright www.africinnov.com/news

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