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PARIS, le 8 Octobre 2018 – L’Afrique est le continent le plus jeune : 43 % de sa population a moins de 14 ans[1], et le plus entreprenant au monde : au Nigéria 39,9 % de la population entre 18 et 64 ans mène des activités entrepreneuriales, 38,6 % au Sénégal, 26 % au Ghana, contre seulement 9,9 % en Inde et 5,3 % en France[2]. Aussi, certains indicateurs macro-économiques tels que les taux de croissance économique, l’émergence d’une classe moyenne et les taux de pénétration du mobile et d’Internet laissent entrevoir de nouvelles opportunités pour les entrepreneurs du continent.

 

Toutefois, l’entrepreneuriat est une aventure par nécessité pour 30 % des entrepreneurs africains âgés entre 16 et 35 ans[3], et les entrepreneurs de croissance, mus par l’opportunité, et qui ont la volonté et les capacités d’innover et de faire croître leur activité, sont encore insuffisamment représentés. Plusieurs facteurs empêchent leur éclosion : on parle de lacunes dans l’écosystème entrepreneurial, qui englobe les politiques publiques, l’accès aux financements, la culture entrepreneuriale, le capital humain, le soutien au secteur privé et les marchés.

 

Ces dernières années, les structures d’accompagnement, telles que les incubateurs, se multiplient dans la région et apportent une réponse de la communauté locale pour combler certaines lacunes de ces écosystèmes. En 2018, l’Afrique de l’Ouest compte ainsi plus d’une centaine de structures d’accompagnement dédiées aux entrepreneurs de croissance, alors même qu’il n’y en avait encore aucune il y a 15 ans[4]. Leur objectif est d’accompagner les entrepreneurs afin qu’ils soient porteurs d’innovations et créateurs d’emplois stables et décents.

 

« Les incubateurs jouent un rôle essentiel dans la maturation d’un projet. Présents à la fois en amont de la création et au cours de la vie de l’entreprise, ils mettent à disposition des porteurs de projet une multitude de services leur permettant de transformer leurs idées innovantes en entreprises performantes. » affirme Adama Ouane, Administrateur de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Leurs services incluent le plus souvent du conseil, un accès à des locaux équipés et connectés, un accès à un réseau, ainsi qu’un appui pour trouver des financements. Toutefois, chaque structure est unique, tant sur les services qu’elle propose que sur ses modèles économiques.

« Un ouvrage opportun et factuel sur l'émergence des structures d'accompagnement en Afrique de l'Ouest, leur rôle important et la nécessité de mettre en place des partenariats public-privés pour exploiter pleinement leur potentiel. L'entrepreneuriat en Afrique est voué à un avenir prometteur, et s'il est bien exploité, peut sortir des millions de personnes de la pauvreté et propulser le continent vers la richesse et la prospérité ». Tony Elumelu

Les structures d’accompagnement sont certes aujourd’hui dans une phase de maturation (moyenne d’âge de 4 ans en Afrique de l’Ouest) et de professionnalisation. Leurs positionnements, au cœur de l’écosystème entrepreneurial, font toutefois d’elles des partenaires potentiels de premier choix, pour tous ceux qui souhaitent promouvoir l’innovation, l’entrepreneuriat et la création d’emplois dans la région.

 

Ainsi, porteurs de projets innovants et entrepreneurs de croissance sont les premiers concernés par les services de ces acteurs qui proposent de les accompagner à réaliser leurs ambitions. Les institutions publiques peuvent aussi collaborer avec ces structures, qui remplissent une mission d’intérêt général en se substituant, parfois, aux services publics qui n’arrivent pas à répondre efficacement à la large demande des entrepreneurs, et qui peuvent également les aider à réaliser des objectifs communs de développement durable. Aussi, financiers, instituts de recherche ou encore multinationales peuvent trouver un intérêt à investir dans un partenariat avec ces structures, véritables tiers de confiance. Des exemples concrets de collaboration sont présentés dans ce guide, pour inspirer l’ensemble des acteurs.

« Un guide pratique pour tout acteur concerné par les questions d’entrepreneuriat et d’innovation en Afrique de l’Ouest, qui souhaite s’informer des opportunités liées à l’émergence des structures de type incubateurs »

Considérant les multiples opportunités que représentent ces structures d’accompagnement, ce guide présente également une série de recommandations pour les décideurs publics, institutions de développement et autres parties prenantes concernées. A partir des constats actuels, il s’agit d’orienter les acteurs sur les mesures à prendre pour favoriser l’impact de ces nouveaux acteurs de l’écosystème et les accompagner vers le succès. Enfin, plus qu’accompagner ces structures, le guide conclut sur l’urgente nécessité de combler d’autres lacunes des écosystèmes entrepreneuriaux (relatives à la formation des jeunes et aux sources de financement du secteur privé notamment) pour favoriser l’émergence d’un secteur privé plus dynamique, innovant et compétitif en Afrique de l’Ouest.

 

Le guide « Enjeux et opportunités des incubateurs en Afrique de l’Ouest » est le fruit d’une co-production du collectif Afric'innov, menée sous la direction de Ninon Duval, Claire Crochemore et Alexandre Laure, rédigée par Elodie Hanff et Christian Jekinnou. Cet ouvrage a été élaboré sur la base d’études, d’observations de terrain et de la connaissance développée au cours de ces dernières années par le collectif.

 

Vous pouvez accéder au guide ici 

Contacts : hello@africinnov.com // dmbock@publicaffairsafrica.com

 

[1] Banque Mondiale et Agence Française de Développement. 2014. Employment of youth in sub-Saharan Africa. Washington, DC : Banque Mondiale.

http://www.worldbank.org/en/programs/africa-regional-studies/publication/youth-employment-in-sub-saharan-africa.

 

[2] Global Entrepreneurship Monitor (GEM). 2017. Global Report 2016/2017. London : Global Entrepreneurship Monitor (GEM).

https://www.gemconsortium.org/report/49812.         

 

[3] Jacqui Kew, Mike Herrington, Yana Litovsky, and Helen Gale. 2015. Generation Entrepreneur? The state of global youth entrepreneurship. Youth Business International (YBI) and Global Entrepreneurship Monitor (GEM). London : Global Entrepreneurship Monitor (GEM). 

https://www.youthbusiness.org/wp-content/uploads/2013/09/GenerationEntrepreneur.pdf

 

[4] Dario Giuliani 2018. Africa: a look at the 442 active tech hubs of the continent. London : Global System Mobile Association (GSMA). https://www.gsma.com/mobilefordevelopment/programme/ecosystem-accelerator/africa-a-look-at-the-442-active-tech-hubs-of-the-continent/.    

 

 

 

ENGLISH VERSION

 

The population boom in West African countries is bringing more and more young people into a labor market that cannot yet absorb them. Many of these young people are now turning to entrepreneurship as a source of employment. This, however, often takes the form of subsistence and informal entrepreneurship.

Unlike growth and innovative entrepreneurship, this form of entrepreneurship is not capable of generating sustainable jobs and therefore cannot act as an engine for economic development.

Innovative entrepreneurship is proven to be a determining factor of growth: it stimulates productivity, creates jobs and helps improve citizens’ quality of life. So-called ‘growth entrepreneurs’ are the drivers behind this innovation and they contribute to their countries’ economic and social development. As Joseph Schumpeter once said, ”innovation is the driving force of economic progress, and entrepreneurs are the agents of innovation.”

Nevertheless, whether innovating, capturing a market opportunity or simply trying to survive, entrepreneurship remains a difficult undertaking in West Africa. Access to bank financing is scarce, the legal and fiscal framework is often unsuited to the needs of startups and there is very little reliable market data. To overcome these difficulties and help entrepreneurs address these constraints, numerous entrepreneurship support structures are emerging throughout the sub-region. These can take various forms: incubators that accompany entrepreneurs early in the process, Fab Labs (fabrication laboratories) that allow innovators to develop a product, accelerators that accompany the scaling up of businesses, among others.

The common denominator between these structures is the personalized support they offer entrepreneurs, via a variety of services – provision of facilities, coaching, networking, access to financing –all of which serve as levers for innovation.

Startups need to be incubated like eggs: this is the primary meaning of the word ”incubator.”

To develop the potential of an innovative project, entrepreneurs needs to engage with an entrepreneurial ecosystem. The different actors in this ecosystem provide the key elements in the implementation of entrepreneurial projects: technical support, access to funding, training, advice, etc. The central role entrepreneurship support structures play in innovation development at this level makes them pillars of their respective ecosystems. Through the technical support they provide, entrepreneurship support structures allow entrepreneurs to develop their company in a way that best addresses the challenge they have identified. Lending credibility to their projects, as well as connecting them to other sources of support, entrepreneurship support structures help their entrepreneurs secure financing. Through the many events they organize, entrepreneurship support structures revitalize entrepreneurial ecosystems by regularly bringing together the various actors necessary to promote entrepreneurship beyond their sphere of influence.

Much like the projects and entrepreneurs they support, these structures have very different levels of professionalization, are often isolated and lack the necessary visibility and resources to develop and implement strong and sustainable support programs. Strengthening, professionalizing and financing these entrepreneurship support structures remain the key issues today if we are to make innovation a lever of dynamism in the African context.

Incubators, and more generally entrepreneurship support structures, must therefore be strengthened and supported in order to better organize their support they provide to innovators and entrepreneurs: this is the mission that gave rise to the Afric’innov initiative.

This guide is intended to make you understand the work of these entrepreneurship support structures that are building, brick by brick, the foundations of the West African entrepreneurial ecosystem, in partnership with other existing stakeholders. From Dakar to Lagos, from Ouagadougou to Accra, you will discover these key players in Africa’s economic development. These institutions are passionately supporting the emergence of innovative startups in Africa and igniting the local dynamics necessary for innovation and competitiveness.

Happy reading!

Christian Jekinnou

Executive Manager

Afric’innov

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